L’administrateur principal d’Alerte-RDC, Jeff Pambi, s’est exprimé ce vendredi à Kinshasa sur l’accord de paix signé aux États-Unis entre le président congolais Félix-Antoine Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame, sous la médiation du président américain Donald Trump et en présence de plusieurs chefs d’État.
Au cours d’un échange avec les professionnels des médias, cet acteur influent de la société civile congolaise a estimé que la solution durable à la crise à l’Est de la RDC passe avant tout par un dialogue inclusif entre Congolais. Une position qui rejoint celle d’une dizaine de mouvements citoyens et d’organisations de la société civile qui, la veille de la signature de l’accord, avaient rappelé au Chef de l’État la nécessité d’une concertation nationale pour traiter les causes profondes du conflit.
« Ce ne sont pas un accord, mais plusieurs accords »
Jeff Pambi affirme que les documents signés à Washington ne constituent pas un accord unique, mais plutôt une série d’accords aux portées diverses. Selon lui, ces engagements seraient davantage économiques et commerciaux que sécuritaires, mettant l’accent sur la protection de zones d’affaires stratégiques, notamment celles où les États-Unis envisagent d’exploiter des minerais critiques en RDC.
Il regrette qu’au lieu d’un véritable accord bilatéral “minerais contre sécurité”, attendu par de nombreux Congolais, les négociations aient surtout porté sur une articulation tripartite entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis. « Ces processus sont interconnectés et profitent davantage à certaines parties », explique-t-il.
Le Rwanda, principal gagnant ?
Pour Jeff Pambi, le Rwanda sort « grand gagnant » de cet ensemble d’accords, estimant que « toutes ses exigences ont été satisfaites ». Il s’interroge alors : « Et le Congo, qu’y gagne-t-il réellement ? »
Un accord signé, mais une guerre qui continue
Alors que Donald Trump a déclaré publiquement que « la guerre au Congo est terminée grâce à sa médiation », Jeff Pambi nuance fortement cette affirmation. Selon lui, les hostilités se poursuivent sur plusieurs fronts à l’Est du pays, et le cessez-le-feu annoncé n’est pas respecté sur le terrain.
Pour cet acteur de la société civile, la paix véritable ne pourra être obtenue qu’en associant pleinement les Congolais eux-mêmes, dans un processus transparent, inclusif et orienté vers les causes profondes de la crise.
Kayla