Par Thierry Monselepwo
Kinshasa, 9 janvier 2026, Face à la crise sécuritaire persistante à l’Est de la République démocratique du Congo, la diplomatie menée par le Président Félix Tshisekedi a suscité des lectures contrastées. À tort, certains y voient une dispersion des efforts entre Luanda, Washington, Doha et Lomé. En réalité, il s’agit d’une architecture diplomatique multicanale, cohérente et adaptée à la complexité du conflit.
Le conflit congolais est systémique et hybride : il mêle acteurs étatiques et non étatiques, enjeux régionaux, intérêts économiques transfrontaliers et pressions géopolitiques internationales. Dans un tel contexte, une approche unique serait inefficace. La stratégie présidentielle repose donc sur une segmentation fonctionnelle des canaux.
- Luanda constitue le socle politico-régional africain, garant de la légitimité continentale et de la prévention d’une escalade interétatique.
- Washington agit comme levier de contrainte internationale, apportant pression diplomatique, crédibilisation des positions congolaises et inscription du dossier à l’agenda global.
- Doha joue le rôle de canal discret de pré-négociation, essentiel pour explorer des options de désescalade sans coût politique immédiat.
- Lomé, enfin, assure une médiation africaine de continuité, reliant les discussions discrètes aux cadres régionaux formels.
Loin d’une cacophonie, cette pluralité de canaux répond à une coordination présidentielle centralisée, guidée par une boussole claire : souveraineté nationale, intégrité territoriale et paix durable.
Conclusion. La diplomatie congolaise actuelle relève d’une véritable ingénierie stratégique, conforme aux standards internationaux de résolution des conflits complexes. L’enjeu n’est pas de changer de cap, mais de mieux expliquer cette architecture, car la paix, aujourd’hui, est un processus orchestré, non un simple événement politique.