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Dialogue intercongolais : la société civile rejette tout “simulacre” et exige un cadre réellement inclusif

Dialogue intercongolais : la société civile rejette tout “simulacre” et exige un cadre réellement inclusif

Réunie à Kinshasa, société civile congolaise hausse le ton et pose ses conditions pour la tenue d’un dialogue national crédible, appelant à une médiation neutre et à l’inclusion de toutes les parties prenantes à la crise.

Dans une déclaration rendue publique ce mercredi 11 février, plusieurs organisations de la société civile congolaise prennent acte des récentes déclarations du Président Félix Tshisekedi sur sa vision du dialogue intercongolais, notamment lors de sa rencontre avec le corps diplomatique accrédité à Kinshasa et à l’issue de sa visite à Luanda.

Si elles reconnaissent l’urgence d’un dialogue face à la crise sécuritaire, politique et sociale que traverse la RDC, elles marquent toutefois une nette divergence sur l’approche proposée par le Chef de l’État, rappelant que ce dernier est lui-même « l’une des parties prenantes » à la crise actuelle.

La société civile rejette fermement toute démarche qu’elle qualifie de restrictive.

« Un dialogue national qui exclut certains Congolais n’en est pas un. »

Pour les signataires, poser des conditions d’exclusion reviendrait à organiser un « simulacre de dialogue », assimilable à un monologue institutionnel, loin des solutions durables attendues. Ils estiment qu’écarter certains acteurs affaiblirait la cohésion nationale et priverait le processus de légitimité.

Autre point clé : la nécessité d’une médiation crédible et indépendante.
Les organisations appellent à l’implication d’acteurs tels que la CENCO, l’ECC, l’Union africaine, la société civile ainsi que des pays disposant d’une expertise reconnue en matière de dialogues nationaux.

Selon elles, un dialogue placé sous le contrôle exclusif des institutions de la République ne saurait inspirer confiance et risquerait de voir ses conclusions rejetées par les parties exclues.

Les signataires estiment que les enquêtes judiciaires doivent se poursuivre, mais qu’elles ne peuvent servir de prétexte pour écarter certaines voix ou verrouiller le débat national.
Pour eux, la réconciliation nationale passe par l’écoute de toutes les parties, y compris celles considérées comme politiquement dérangeantes.

La société civile souligne également que le dialogue ne peut se tenir sous le contrôle exclusif d’institutions issues d’élections contestées. Elle plaide pour un cadre impartial, sécurisé et reconnu au niveau international afin de garantir la crédibilité du processus.

Dans leur position finale, les organisations réaffirment leur attachement à un dialogue véritablement inclusif, transparent et fondé sur la participation de la base : la population directement touchée par la crise.

Elles appellent le peuple congolais à rester vigilant et engagé pour contribuer à la fin de la crise sécuritaire et au rétablissement d’une paix durable sur l’ensemble du territoire national.

Ont signé cette déclaration :
• Collectif Citoyen Congo 2060
• AJDDH
• Mouvement citoyen Patriotisme Oblige
• Mouvement Citoyen EKOKI
• Mouvement Citoyen Lucha
• ALERTE-RDC

Le débat sur la forme et le fond du futur dialogue intercongolais est désormais lancé.

Rédaction

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