Lundi, 23 mars 2026 – Des poursuites ont été engagées à l’encontre de M. Jean-Claude Mukendi Mbiyamuenzа, Directeur Général en suspension de Lignes Maritimes Congolaises SA (LMC SA). Contrairement aux rumeurs largement relayées, il ne s’agit ni de détournement de fonds ni de malversations financières, mais d’une procédure liée à la transmission tardive des états financiers des exercices 2022 et 2023.
Aux termes de la Loi organique n° 18/024 du 13 novembre 2018 portant composition, organisation et fonctionnement de la Cour des comptes, les entreprises du portefeuille sont tenues de transmettre leurs comptes annuels dans un délai de trois mois après leur adoption par les organes compétents.
Cependant, en 2023, la Cour des comptes a constaté une inertie généralisée au sein des entreprises publiques, attribuée notamment à un manque de sensibilisation des mandataires aux nouvelles exigences légales. Pour corriger cette situation, une série d’ateliers de vulgarisation a été organisée afin de rappeler les obligations légales et renforcer le respect du cadre réglementaire.
À la suite de ces initiatives, la société LMC SA a régularisé sa situation en transmettant ses états financiers de l’exercice 2022, certes avec un léger retard. Elle s’est ensuite conformée aux délais requis pour les exercices 2023 et 2024, sous l’impulsion de son Directeur Général, Jean-Claude Mukendi Mbiyamuenzа.
Il convient de noter que, malgré ce retard vis-à-vis de la Cour des comptes pour l’exercice 2022, LMC SA avait déjà satisfait, dans les délais, à ses obligations auprès des autres instances compétentes, notamment le Conseil supérieur du portefeuille, la DGRAD, le Conseil permanent de la comptabilité au Congo (CPCC), la Direction générale des impôts (DGI) ainsi que le Guichet unique de création d’entreprises.
Selon nos informations, Jean-Claude Mukendi Mbiyamuenzа comparaît devant la Cour des comptes uniquement pour ce retard administratif. La juridiction a retenu à sa charge une faute au premier degré, sanctionnée par une amende, sans aucune interdiction d’exercer des fonctions de gestion. Une procédure d’appel aurait d’ores et déjà été engagée par l’intéressé.
Il apparaît donc clairement qu’il ne s’agit en aucun cas d’un dossier de mauvaise gestion ou de détournement, mais bien d’une question strictement administrative.
Par ailleurs, une interrogation persiste : pourquoi la Cour des comptes n’a-t-elle pas initié ces contrôles dès les premières années suivant la promulgation de la loi en 2018 ? Qu’en est-il des exercices 2019, 2020 et 2021 ?
Il ressort également que les prédécesseurs du Directeur Général Jean-Claude Mukendi ne s’étaient jamais acquittés de cette obligation, soulevant ainsi des préoccupations sur l’application progressive et sélective de cette mesure.
Rédaction