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RDC : 34 ans après la Marche du 16 février 1992, le Collectif du Seize Février relance l’offensive citoyenne pour sauver la démocratie

RDC : 34 ans après la Marche du 16 février 1992, le Collectif du Seize Février relance l’offensive citoyenne pour sauver la démocratie

Kinshasa, 16 février 2026. Trente-quatre ans après la mythique Marche de l’espoir du 16 février 1992, le Collectif du Seize Février est monté au créneau pour rappeler à la nation que le combat pour la démocratie reste inachevé. Entre mémoire, interpellation et engagement renouvelé, les héritiers des martyrs entendent raviver la flamme d’une lutte non violente devenue historique.

La commémoration a débuté le 15 février par une messe d’action de grâce à la Cathédrale Notre-Dame du Congo, avant de se poursuivre ce 16 février par une conférence publique au Centre d’Études pour l’Action Sociale (CEPAS).

Dans une déclaration solennelle, les membres du collectif ont réaffirmé leur détermination à perpétuer « l’héritage prophétique » du 16 février 1992, date à laquelle des milliers de chrétiens avaient bravé la répression pour exiger la réouverture de la Conférence nationale souveraine. Un acte de foi et de courage qui, selon eux, a contribué à ouvrir la voie au multipartisme, à la Constitution de 2006 et aux élections pluralistes.

Corruption endémique, tribalismes destructeurs, détournements massifs, abus sexuels, mauvaise gestion des ressources publiques et impunité généralisée : le collectif estime que ces dérives mettent en péril les acquis démocratiques durement obtenus.

Face à cette situation, la non-violence évangélique est réaffirmée comme méthode légitime de transformation politique et comme clé du vivre-ensemble. Les échanges ont été structurés autour de trois axes majeurs :
• La non-violence évangélique comme fondement de l’action démocratique ;
• Trente-quatre ans après : acquis, défis et perspectives ;
• Peuple congolais, debout pour la paix et le bien-vivre ensemble en RDC et dans les Grands Lacs.

À l’issue des travaux, le Collectif du Seize Février a pris plusieurs engagements majeurs :
• Lancer officiellement la plateforme « Héritiers du Seize Février » pour transmettre l’idéal de la non-violence aux jeunes générations ;
• Organiser des conférences universitaires sur la paix et la culture du vivre-ensemble ;
• Plaider pour l’érection d’un mémorial des martyrs de la démocratie à Kinshasa ;
• Mener des campagnes nationales de sensibilisation à la paix intérieure et intercommunautaire ;
• Monitorer la gouvernance, les droits humains et les réformes électorales ;
• Mettre en place une base de données sécurisée des victimes du 16 février 1992 et promouvoir un Fonds national de mémoire ;
• Produire un documentaire en mémoire de la Marche de l’espoir.

Le collectif invite le Président de la République à initier un dialogue national inclusif pour restaurer la cohésion nationale, à reconnaître officiellement les martyrs du 16 février 1992 et à envisager une grâce présidentielle en faveur des détenus politiques non violents.

Au gouvernement, il est demandé de soutenir financièrement les initiatives de cohésion sociale portées par les organisations de la société civile. Ces dernières sont, elles aussi, appelées à renforcer leur synergie pour plus d’efficacité.

Quant aux confessions religieuses, elles sont exhortées à transformer chaque paroisse en espace permanent de dialogue et de paix, afin de dépasser les clivages politiques au sein des communautés chrétiennes.

En réaffirmant les paroles de l’hymne national « Unis par le sort, unis dans l’effort… » le Collectif du Seize Février appelle les Congolais à se lever, dans l’esprit des martyrs de 1992, pour consolider une démocratie véritablement au service du peuple.

Trente-quatre ans après, le flambeau est toujours allumé. Reste à savoir qui osera le porter jusqu’au bout.

JSuana

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