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Kinshasa : l’ASADHO dénonce un « tribalisme au sommet de l’État » lors d’une conférence publique

Kinshasa : l’ASADHO dénonce un « tribalisme au sommet de l’État » lors d’une conférence publique

Dimanche 2 mars 2025 — Kinshasa, RD Congo

Une conférence publique organisée ce dimanche par la cellule locale de l’Association africaine de défense des droits de l’Homme (ASADHO) dans la commune de Kinshasa a réuni partis politiques, journalistes et défenseurs des droits humains autour d’un thème sans équivoque : « Tribalisme au sommet de l’État ».

C’est au Centre Elikia, situé vers Mont-Ngafula sur l’avenue Makengo, que s’est tenue cette rencontre, dans une atmosphère à la fois tendue et déterminée. L’assistance, composée de représentants de partis politiques, de membres de la société civile et de journalistes, a pris part à des échanges marqués par des critiques directes à l’endroit de l’exécutif national.

Prenant la parole en ouverture, le président de la cellule locale de l’ASADHO, Roland Kapenga, a articulé son intervention autour de trois principaux griefs : le favoritisme ethnique dans les nominations aux postes stratégiques, la surreprésentation présumée d’un groupe tribal dans les institutions, et des violations de la loi dans certaines désignations.

Il a notamment évoqué la nomination de militants politiques à des fonctions de gouverneur dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu, estimant que ces postes, même en période de conflit ou d’état d’urgence, doivent rester réservés à des personnalités civiles. Selon lui, cette pratique constitue une entorse à la législation et reflète une logique de loyauté clanique au détriment de l’intérêt général.

La modération de la conférence était assurée par le journaliste Idris Tshondo, également membre de l’ASADHO. Dans son intervention, il a renforcé les critiques en mettant en cause la gestion des nominations au sein de l’appareil étatique. Il a évoqué un recul de la méritocratie, estimant que l’accès aux fonctions publiques serait influencé par des considérations d’appartenance communautaire.

Le journaliste a également dénoncé ce qu’il considère comme une inaction de la justice face à des cas présumés de détournement de fonds publics impliquant des membres du gouvernement. Selon lui, certains responsables bénéficieraient d’une forme d’impunité liée à leurs liens avec le pouvoir.

Au cours des échanges, plusieurs points ont été soulevés par les intervenants :
• Le favoritisme ethnique dans les nominations aux postes publics et dans les entreprises de l’État ;
• La nomination controversée de responsables politiques comme gouverneurs dans certaines provinces ;
• Une représentation jugée déséquilibrée au sein de l’exécutif ;
• L’impunité présumée dans des affaires de détournement de fonds publics ;
• Les critiques liées à la gestion sécuritaire et aux abus attribués aux forces de l’ordre à Kinshasa.

Lors de la séance de questions et interventions, les participants ont élargi le débat à la gestion globale de la ville de Kinshasa. Plusieurs ont évoqué les difficultés liées aux infrastructures, à l’accès aux services publics et à l’insécurité. Les comportements des forces de l’ordre ont également été pointés du doigt, certains intervenants dénonçant des abus récurrents dans différents quartiers.

Cette initiative, bien que portée par une cellule locale, reflète une préoccupation plus large au sein de la société civile congolaise. Elle intervient dans un contexte politique sensible, à l’approche d’échéances importantes pour le pays.

À l’heure de la publication, aucune réaction officielle de l’ASADHO nationale ni du gouvernement n’avait été enregistrée, malgré les sollicitations adressées au porte-parole de l’exécutif.

Rédaction

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