Un nouveau mécanisme de coordination visant à structurer, encadrer et renforcer la protection des défenseurs des droits humains (DDH) en République démocratique du Congo est en cours de mise en place. Cette initiative, portée par des organisations de la société civile, bénéficie de l’implication de plusieurs acteurs institutionnels, notamment la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) et le ministère des Droits humains.
Lors d’un entretien, Jeef Pambi, administrateur principal d’Alerte-RDC, a précisé que cette démarche n’émane pas de la CNDH, contrairement à certaines perceptions. « Il faut corriger cela : ce n’est pas une initiative organisée par la CNDH. Il s’agit d’un processus conduit par la société civile, avec l’appui de certaines structures, dont la CNDH », a-t-il clarifié.
L’objectif principal de ce mécanisme est d’offrir un cadre de concertation thématique dédié aux défenseurs des droits humains. Il ne s’agit pas d’un organe d’action militante ou politique, mais plutôt d’un espace structuré visant à harmoniser les pratiques, renforcer les capacités et promouvoir le respect des normes en vigueur.
Selon Jeef Pambi, ce cadre permettra notamment de mieux organiser les différentes initiatives existantes, sans créer de nouvelles structures. « Il s’agit d’accompagner les organisations déjà actives, de renforcer leurs compétences et de les aider à mieux exercer leur mission, dans le respect des lois et de l’éthique », a-t-il expliqué.
Ce mécanisme se veut également un outil de mise à niveau pour les acteurs du secteur, dans un contexte marqué par la précarité et certaines dérives. « Aujourd’hui, il y a des confusions et parfois des manquements aux règles déontologiques. Il est important de rappeler les limites et les obligations qui encadrent la défense des droits humains », a-t-il souligné.
Concernant les activités politiques ou les mobilisations de l’opposition, Jeef Pambi a indiqué que ce mécanisme n’a pas vocation à s’y impliquer. « Ce cadre ne vise pas à encourager ou décourager les actions politiques. Son rôle sera d’observer et de documenter les faits, le cas échéant », a-t-il précisé.
L’initiative, lancée officiellement le jeudi 30 avril 2026 à l’issue de plusieurs jours d’ateliers thématiques, a réuni divers acteurs, dont des autorités publiques, des organisations de la société civile ainsi que des représentants de chancelleries.
Pour ses promoteurs, ce mécanisme arrive à point nommé dans un contexte national complexe, où la protection des défenseurs des droits humains demeure un enjeu majeur. Toutefois, sa mise en œuvre effective dépendra des mesures d’application à venir et de la désignation d’acteurs capables d’assurer une coordination impartiale et efficace.
« Diriger un tel mécanisme exige des profils capables de fédérer, de dialoguer avec toutes les parties et de faire preuve de neutralité dans un environnement parfois très polarisé », a conclu Jeef Pambi.
Au-delà de cette initiative, l’entretien a également permis d’évoquer les défis liés à la gouvernance et à la crédibilité des institutions publiques, notamment en matière de contrôle de l’action gouvernementale, un enjeu qui reste au cœur des préoccupations de nombreux observateurs en RDC.
KS