La République démocratique du Congo peut-elle convertir sa croissance économique en véritable développement social ? Dans sa 42e tribune, le professeur Patrick Onoya Tambwe avance une piste qu’il qualifie de « système de vases communicants économiques », une stratégie visant à relier les revenus du secteur minier au développement du secteur agricole.
Partant du constat que la RDC figure désormais parmi les principales économies d’Afrique subsaharienne selon certaines projections économiques, l’auteur souligne cependant un paradoxe : une croissance rapide du Produit intérieur brut (PIB) ne se traduit pas automatiquement par une amélioration des conditions de vie des populations.
Selon lui, l’économie congolaise reste fortement dépendante du secteur minier, qui représente plus de 95 % des exportations et une part importante des recettes publiques. Bien qu’il soit générateur de richesses, ce secteur crée relativement peu d’emplois et expose le pays aux fluctuations des marchés internationaux.
Face à cette réalité, Patrick Onoya Tambwe plaide pour une diversification économique centrée sur l’agriculture, qu’il présente comme un moteur capable de générer massivement des emplois, d’assurer la sécurité alimentaire et de favoriser l’émergence de chaînes de valeur locales.
« L’agriculture peut créer un ensemble d’industries que le secteur minier ne crée pas », soutient-il.
Pour rendre cette transition possible, il propose la création d’un fonds souverain national qui servirait de passerelle entre les revenus issus des mines et les investissements dans l’agriculture. Ce mécanisme permettrait de transformer des ressources minières non renouvelables en investissements productifs à long terme.
Dans sa conclusion, l’auteur estime qu’une croissance économique spectaculaire sans impacts concrets sur le quotidien des populations pourrait devenir une véritable « malédiction des ressources », d’où la nécessité de bâtir une économie plus résiliente et inclusive.
À travers cette réflexion, Patrick Onoya Tambwe appelle à une nouvelle vision du développement où les richesses naturelles de la RDC deviendraient un levier durable au service du bien-être collectif.
KS