Kinshasa, 23 septembre 2026 — La riposte contre la maladie à virus Ebola reste au cœur des priorités sanitaires en République démocratique du Congo. Réuni ce mercredi autour du ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, le Gouvernement et ses partenaires ont évalué l’évolution de la situation épidémiologique, les actions de préparation ainsi que les prochaines étapes de la réponse.
Au sortir de cette réunion hebdomadaire de coordination stratégique, le Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), Dr Mwamba Kazadi Dieudonné, a fait le point sur les principales décisions prises et sur l’évolution de la situation sur le terrain.
Une tendance globalement à la baisse, mais la vigilance reste de mise
Les données présentées au cours de la réunion font ressortir une tendance globalement à la baisse dans plusieurs provinces affectées. Cette évolution est considérée comme encourageante, même si certaines zones continuent de nécessiter une surveillance renforcée.
Le Nord-Kivu demeure notamment sous haute vigilance, en raison d’une tendance à la hausse observée dans certaines zones. Les autorités sanitaires appellent ainsi à maintenir les efforts de surveillance, de prévention et de prise en charge.
Un nouveau plan de riposte pour les 180 prochains jours
Autre temps fort de la réunion : la présentation du Plan de préparation et de réponse multisectorielle « One Health », version 2, couvrant une période de 180 jours à compter de septembre 2026.
À l’issue des échanges, le ministre Samuel Roger Kamba a procédé à la signature officielle de ce nouveau plan, élaboré à la suite d’un processus de concertation entre le Gouvernement et ses partenaires.
Ce document devient ainsi le cadre de référence pour orienter les prochaines interventions de préparation et de riposte contre Ebola.
La gratuité des soins se prépare en Ituri
La réunion a également abordé la question de la gratuité des soins dans les zones touchées, particulièrement en Ituri.
Les autorités ont insisté sur la nécessité de garantir au préalable la disponibilité des médicaments et des intrants essentiels. Les partenaires ont été invités à rendre disponibles les produits nécessaires d’ici la fin du mois.
Le lancement de cette gratuité devrait se faire progressivement, en commençant par Bunia et Rwampara, avant son extension à d’autres zones selon les capacités opérationnelles et les ressources disponibles.
Le financement de la riposte au centre des préoccupations
La coordination a également fait le point sur le financement des activités de riposte. Sur près de quarante organisations intervenant dans la réponse, seule une vingtaine avaient, à la date de la réunion, renseigné leurs engagements financiers, les montants reçus et les décaissements effectués.
Une correspondance sera adressée aux organisations n’ayant pas encore transmis ces informations afin d’obtenir une situation financière consolidée au cours de la semaine.
Un nouveau point est attendu lors de la prochaine réunion de coordination.
Kinshasa se prépare face au risque Ebola
La préparation de Kinshasa a également été examinée. La capitale, considérée comme une zone à risque, doit renforcer son dispositif de préparation et de prévention.
Le ministre de la Santé a notamment appelé à accélérer la mise en œuvre du plan de communication, déjà engagé à travers les médias afin de diffuser régulièrement les messages de prévention et les informations liées à l’évolution de la situation épidémiologique.
Les leaders religieux, les églises, les pasteurs et les responsables confessionnels seront également davantage impliqués dans cette stratégie, avec pour objectif de renforcer la sensibilisation et l’adhésion des communautés aux mesures de prévention.
Une riposte qui se veut coordonnée
Présidée chaque mercredi par le ministre de la Santé publique, la réunion hebdomadaire de coordination stratégique constitue un cadre de suivi et d’évaluation de la réponse nationale contre Ebola.
À travers les nouvelles mesures annoncées, les autorités sanitaires entendent renforcer la surveillance, améliorer la disponibilité des soins et des médicaments, assurer une meilleure traçabilité du financement et intensifier la communication communautaire.
Le message porté par le Dr Mwamba Kazadi Dieudonné et les responsables de la riposte reste donc celui d’une vigilance renforcée : malgré l’évolution favorable observée dans plusieurs zones, la lutte contre Ebola se poursuit et exige la mobilisation de tous.
Rédaction
