Kinshasa, 07 août 2026 – Et si la relance des entreprises publiques congolaises ne dépendait pas d’abord du budget de l’État, mais d’une nouvelle manière de penser la finance publique ? C’est la thèse défendue par le Professeur Patrick Onoya Tambwe dans une tribune intitulée Nouvelle approche concernant le financement de la relance des entreprises publiques.
L’économiste estime que la crise que traversent la plupart des entreprises publiques en RDC n’est pas une fatalité. Selon lui, nombre d’entre elles sont aujourd’hui « en faillite », mais restent potentiellement rentables, à condition d’opérer un véritable changement de paradigme.
Parmi les mesures phares proposées figurent le recours à l’effet de levier financier, la promotion de la “bonne dette” destinée à financer des investissements productifs, ainsi que l’introduction de mécanismes innovants de mobilisation des capitaux nationaux et internationaux.
Le Professeur Onoya va plus loin en plaidant pour un effacement des dettes fiscales et parafiscales des entreprises publiques afin de nettoyer leurs états financiers et de les rendre plus attractives pour les investisseurs. Il critique également certaines pratiques judiciaires qu’il considère comme un facteur d’endettement injustifié des sociétés du portefeuille de l’État.
Autre proposition majeure : la création d’un Ministère de l’Investissement, chargé de structurer les projets, lever des fonds et accompagner la relance économique.
Sur le plan économique, cette approche s’inspire des principes de la finance d’entreprise : une société disposant d’actifs solides et d’une gouvernance crédible peut financer sa modernisation par emprunt ou par partenariat stratégique. Toutefois, l’auteur reconnaît que cette stratégie exige des préalables stricts : gouvernance renforcée, états financiers audités, cadre juridique protecteur et discipline dans la gestion de la dette.
Dans ce contexte, l’initiative du gouvernement congolais visant le recrutement par concours des mandataires publics apparaît, selon cette analyse, comme un pas important vers l’amélioration de la gouvernance, condition essentielle à toute politique ambitieuse de relance des entreprises publiques.
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