Dans une lettre ouverte adressée au président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, également Haute Autorité politique de l’Union Sacrée de la Nation (USN), le parti AGIR ENSEMBLE hausse le ton sur la gouvernance de la plateforme présidentielle et formule une série de recommandations politiques majeures.
Signée à Kinshasa le 1er août 2026 par son président national Yannick Lukusa Muyambala, cette déclaration s’articule autour de cinq axes : le dialogue national, la loi référendaire, la primauté de la Conférence des présidents, le recadrage de la gouvernance de l’USN et la mobilisation de la jeunesse.
Soutien au dialogue national, mais « zéro amnistie »
AGIR ENSEMBLE salue l’ouverture du chef de l’État à l’organisation d’un dialogue politique national proposé par les confessions religieuses. Le parti estime que cette initiative peut constituer un « front intérieur de paix » face à l’agression dans l’Est du pays.
Toutefois, il fixe une ligne rouge : « zéro amnistie pour les belligérants armés récidivistes et les apprentis massacreurs », affirmant que la recherche de la paix ne doit pas conduire à l’impunité.
« Tout droit vers la 4e République »
Le parti applaudit également la validation de la loi référendaire par la Cour constitutionnelle ainsi que sa promulgation par le président de la République. Pour AGIR ENSEMBLE, cette étape ouvre la voie à une refondation institutionnelle.
Son mot d’ordre est sans équivoque : « Tout droit vers la 4e République ! », une dynamique à laquelle il apporte son soutien total.
La Conférence des présidents au centre du jeu
AGIR ENSEMBLE demande à la Haute Autorité de convoquer rapidement une rencontre directe avec la Conférence des présidents de l’USN. Le parti rappelle que les présidents des formations politiques constituent, selon lui, le véritable noyau stratégique de la plateforme et ne doivent pas être marginalisés au profit des élus.
Demande de suspension du Présidium et du Secrétariat exécutif
Le passage le plus marquant de la lettre concerne la gouvernance interne de l’USN. Une année après le deuxième congrès de la plateforme, AGIR ENSEMBLE sollicite :
- la suspension du Présidium ;
- la suspension du Secrétariat exécutif ;
- la nomination d’un coordonnateur général provisoire ayant le profil d’un sage capable de faire consensus, en attendant la tenue d’un troisième congrès.
Le parti dénonce des décisions prises sans consultation préalable de la Conférence des présidents et refuse d’être réduit à un rôle de « simple figuration ».
Offensive sur le terrain de la jeunesse
Estimant que l’opposition tente de s’approprier le soutien des jeunes, AGIR ENSEMBLE affirme que « les jeunes sont avec Fatshi ». Il demande la désignation officielle d’un coordonnateur de la jeunesse de l’USN afin de mieux structurer cette base militante.
Appel aux FARDC et à la PNC
En conclusion, le parti réaffirme son soutien aux institutions de la République et appelle les Forces armées et la Police nationale à faire preuve d’une « loyauté absolue » derrière le chef de l’État.
La lettre se termine par une formule à forte portée politique : « Le Congo ne se subit plus, il se bâtit par le Droit, la Science et la Sagesse. »

