Kinshasa, 30 juin 2026 – L’administrateur principal d’Alerte-RDC, Jeff Pambi, estime que la grave crise que traverse actuellement la République démocratique du Congo était prévisible. Selon lui, les multiples mises en garde formulées par son organisation depuis plusieurs années n’ont pas été prises en compte, faute de volonté politique.
« C’est regrettable que nous n’ayons pas été écoutés. Je pense que cela traduit un manque de bonne volonté et, surtout, un manque de volonté politique de la part des acteurs concernés », a-t-il déclaré.
Pour Jeff Pambi, Alerte-RDC avait déjà, il y a plus de trois ans, identifié les signaux annonciateurs d’une dégradation de la situation sécuritaire, politique et sociale du pays. L’organisation avait notamment averti du risque de voir la RDC replonger dans une période de chaos comparable à celle ayant suivi l’indépendance.
Il affirme que les violences persistantes dans l’Est du pays, l’insécurité dans plusieurs provinces de l’Ouest, notamment avec les attaques attribuées aux groupes Mobondo, ainsi que les tensions politiques observées à Kinshasa illustrent les conséquences d’un manque d’anticipation des autorités.
Selon lui, les divisions communautaires, le tribalisme et les affrontements politiques auraient pu être évités si les différentes alertes avaient été prises au sérieux.
Le Pacte social comme voie de sortie de crise
Jeff Pambi a également salué l’initiative des pères de la CENCO et de l’ECC, qui ont proposé un Pacte social à la demande du Président de la République afin de favoriser une sortie durable de la crise.
À ses yeux, cette démarche rejoint les propositions formulées depuis plusieurs années par Alerte-RDC, qui plaidait déjà pour un dialogue national inclusif entre les différentes composantes de la nation.
« La paix ne se décrète pas, elle se construit », a-t-il insisté, estimant que ce processus nécessite des étapes clairement définies et une véritable volonté politique.
Des critiques sur le processus électoral
L’administrateur principal d’Alerte-RDC est également revenu sur les élections générales de 2023. Il soutient que son organisation avait prévenu que les conditions n’étaient pas réunies pour organiser des scrutins crédibles dans les délais prévus.
Il déplore que plusieurs opérations électorales soient restées inachevées dans certaines provinces, tandis que des personnes sanctionnées pour des irrégularités électorales auraient, selon lui, accédé par la suite à des fonctions importantes au sein des institutions.
Pour Jeff Pambi, cette situation illustre les insuffisances du processus électoral et contribue à fragiliser davantage les institutions du pays.
« L’histoire jugera chacun de nous »
Face aux tensions politiques et aux discours de plus en plus polarisés, Jeff Pambi appelle l’ensemble des acteurs politiques à privilégier le dialogue plutôt que les confrontations.
Il estime que le contenu du Pacte social proposé par la CENCO et l’ECC mérite d’être examiné avec sérieux afin d’identifier les causes profondes des crises récurrentes qui empêchent la RDC de se stabiliser et de se développer.
« Peu importe son appellation, ce qui compte, c’est son contenu », souligne-t-il.
En conclusion, il rappelle que les mécanismes prévus par la Constitution existent, mais que leur efficacité dépend avant tout de la volonté des dirigeants de les appliquer.
JSuana

