Kinshasa, 11 juin 2026 – Alors que le débat sur la réforme constitutionnelle continue de diviser la classe politique congolaise, le sénateur Jean-Claude Baende Etafe Eliko, président de l’Alliance des Démocrates Humanistes (ADH), a clairement pris position en faveur d’une révision de la Constitution. Une sortie qui contraste avec celle d’une frange de l’opposition hostile à toute modification de la loi fondamentale.

Lors d’un point de presse tenu à Kinshasa le 4 juin dernier, l’élu du peuple, qui se revendique de l’opposition républicaine, a estimé que le moment est venu pour les Congolais d’aborder sereinement la question constitutionnelle, loin des passions politiques et des procès d’intention.

« Aucune Constitution n’est figée dans le temps. Toute Constitution est appelée à évoluer afin de s’adapter aux mutations politiques, économiques, sociales et culturelles de la société qu’elle régit », a-t-il déclaré.

Pour Jean-Claude Baende, la Constitution du 18 février 2006 n’est pas intangible. Il rappelle qu’elle a déjà été révisée en 2011 et souligne que plusieurs grandes démocraties du monde ont procédé à de nombreuses réformes constitutionnelles pour adapter leurs institutions aux réalités de leur époque.
Parmi les réformes qu’il juge prioritaires figurent la révision de l’article 10 sur la nationalité congolaise afin de permettre la double nationalité, le changement de la dénomination du pays avec un retour éventuel à l’appellation « Zaïre », ainsi que l’élection des gouverneurs de province et des sénateurs au suffrage universel direct pour renforcer leur légitimité démocratique.
Au-delà de la question constitutionnelle, le sénateur a également dressé un état des lieux de la situation politique, économique et sociale du pays. Il a salué certaines avancées enregistrées sous le leadership du Président de la République, notamment sur le plan diplomatique face à l’agression rwandaise, la mise en œuvre du Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145T), la gratuité de l’enseignement primaire et les efforts de mobilisation des recettes publiques.
Cependant, il s’est montré préoccupé par la persistance de la pauvreté, la montée du chômage des jeunes, l’insécurité urbaine marquée par le phénomène Kuluna, la corruption ainsi que les embouteillages devenus chroniques dans plusieurs grandes villes du pays.

Appelant à un débat inclusif et républicain, Jean-Claude Baende estime que la réforme constitutionnelle doit être envisagée comme une opportunité de renforcer la démocratie, la bonne gouvernance et le développement de la République démocratique du Congo.
« Il est grand temps que les Congolais se réunissent autour d’une même table pour réfléchir ensemble à l’avenir de nos institutions et donner à notre République ce qu’elle mérite », a-t-il conclu.
JSuana

