Kinshasa, 30 mai 2026 – Réunies à la paroisse Fatima de Kinshasa dans le cadre d’une journée de concertation consacrée aux enjeux nationaux et au rôle de la société civile dans la préservation de la paix et des acquis démocratiques, plusieurs organisations de la société civile congolaise ont exprimé leur vive inquiétude face au débat grandissant autour d’un éventuel changement de la Constitution.
Dans une déclaration rendue publique ce samedi, ces organisations estiment que la République démocratique du Congo traverse une période particulièrement critique marquée par l’occupation d’une partie du territoire national, la crise humanitaire, les violations des droits humains et les menaces persistantes contre l’intégrité territoriale du pays.
Pour les signataires, toute initiative visant à modifier ou à changer la Constitution dans le contexte actuel risque d’accentuer les divisions politiques et sociales, alors que les priorités du peuple congolais demeurent la paix, la sécurité, la reconquête du territoire national et l’amélioration des conditions de vie.
La société civile dénonce également ce qu’elle considère comme une instrumentalisation politique de certaines organisations citoyennes et met en garde contre les risques d’affrontements entre Congolais liés à la polarisation du débat constitutionnel.
Parmi ses principales recommandations, elle demande la suspension du processus de vote de la loi référendaire, jugé inopportun dans le contexte actuel. Elle appelle également à l’organisation urgente d’un dialogue national inclusif afin de renforcer la cohésion nationale et de consolider la paix.
S’adressant directement au Président de la République, les organisations signataires l’exhortent à privilégier la recherche de la paix durable, la libération des territoires occupés et la préservation de l’unité nationale. Elles lui demandent également de ne pas promulguer la loi référendaire et d’abandonner toute initiative de révision ou de changement de la Constitution à ce stade.
La déclaration lance aussi un appel au Sénat, aux organisations de la société civile, aux partenaires nationaux et internationaux ainsi qu’au peuple congolais afin qu’ils contribuent à la défense de la démocratie, à la promotion du dialogue et à la préservation de la cohésion nationale.
« La RDC ne peut se permettre une nouvelle crise politique majeure alors qu’elle fait face à une guerre d’agression, à une crise humanitaire et sanitaire ainsi qu’à des menaces sérieuses contre son unité », concluent les organisations signataires, qui annoncent le renforcement de leur campagne en faveur de la paix, de la cohésion nationale et de la sauvegarde de la démocratie.
KS

